• Hugues Martinat

Comprendre l'allergie aux chats !

Mis à jour : 6 déc 2019


Selon les chiffres que l’on trouve un peu partout sur internet, 2,5 % à 3 % de la population serait susceptible d’être allergique aux animaux domestiques, et aux chats notamment.

Je vous propose de faire le point, de A à Z sur le sujet, et sans éternuer !

L’allergie aux chats, " comment ça marche " ?

L’allergie est un phénomène de réaction immunitaire, inflammatoire, par rapport à un ou plusieurs éléments allergènes étrangers à l’organisme, mais présents dans l’environnement.

La personne allergique réagit immédiatement ou dans les heures qui suivent l’exposition à l’allergène avec divers symptômes : la toux, des problèmes respiratoires allant jusqu’à l’asthme, des démangeaisons, des éternuements, congestion nasale aussi. Cela peut également se situer au niveau des yeux, comme une conjonctivite, des larmoiements ou l’impression d’une poussière dans l’œil, etc.

Il est utile de préciser ici que la sensibilité de chaque individu résulte dans une combinaison de facteurs environnementaux et génétiques et que certaines personnes, dites atopiques, sont héréditairement plus touchées.

Dans le cas de l’allergie aux chats, la personne qui sera pour la première fois au contact du chat va produire des anticorps (Appelés IgE : immunoglobuline E) qui sont chargés de reconnaître et de détruire ces substances étrangères. Lorsque la personne est sensibilisée et mise en contact avec le chat, les anticorps déclenchent alors la réponse immunitaire. Elle libère ainsi l’histamine dont l’action va générer par exemple une dilatation des petits vaisseaux sanguins, les capillaires, et augmenter la libération d'eau par les vaisseaux. Les démangeaisons en sont aussi parfois la conséquence.

Ce phénomène allergique peut parfois émerger après des années de cohabitation asymptomatique ce qui en complique bien souvent le diagnostic !

Pourquoi le chat est-il si allergène ?

Contrairement à la croyance populaire, l’allergie aux chats n’est pas due à ses poils, mais à plusieurs protéines que le chat produit.

On parle principalement de la Fel d 1, mais on oublie bien souvent de nous parler des autres protéines les Fel d 4, 2 et 3 responsables aussi de l’allergie aux chats, ce qui selon moi, apporte un bémol aux chats dits hypoallergéniques. (Il y a 8 protéines en tout, mais nous n’aborderons que les principales)

  • La Fel d 1 : il est vrai que la protéine Fel d 1, sécrétée par la peau de l’animal, est la plus allergène et concerne jusqu’à 90 % des personnes sensibilisées, c’est-à-dire que 90 % des personnes allergiques aux chats le sont à cause de cette protéine. C’est aussi l’allergène le plus aéroporté et se fixant facilement sur toutes zones autres que le chat lui-même et donc le plus susceptible d’entrer directement en contact avec la personne allergique ! La production de Fel d 1 semble être en corrélation avec la production de testostérone, ce qui expliquerait que les chats non castrés soient plus allergisants…

  • La Fel d 4 : cette protéine, la lipocaline, est exclusivement produite par la salive et déposée sur les poils et la peau du chat lorsqu’il se lèche. La lipocaline est le deuxième allergène majeur du chat et concerne environ 60 % des personnes allergiques aux chats. Cette protéine était souvent oubliée dans le dépistage de l’allergie aux chats, elle est maintenant en général testée.

  • La Fel d 3 : la cystatine ou Fel d 3 est reconnu par l’OMS comme responsable des allergies de 60 à 90 % des personnes sensibilisées, sa responsabilité dans l’allergie est très souvent oubliée dans les articles sur le sujet, c’est pourtant un chiffre aussi conséquent que la Fel d 4.

  • La Fel d 2 : l’une des moins allergènes, mais qui concerne malgré tout environ 20 % des personnes allergiques, il s’agit de l’albumine, produite par le foie et située dans les phanères du chat (les poils, griffes, dents du chat) et donc aisément déposée dans le milieu environnant.

Outre la présence de ces allergènes, il faut rappeler que le pelage des chats peut également en contenir d’autres, comme de la poussière ou du pollen qu’ils ramènent de leurs pérégrinations extérieures, ce qui peut compliquer encore plus le diagnostic ou la recherche de la substance réellement non tolérée par l’organisme.

En conclusion de cette première partie, vous aurez compris que vous pouvez être, et il y a de fortes chances, allergiques à la Fel d 1 sans être allergique aux autres, mais vous pouvez aussi avoir une tolérance très bonne à la Fel d 1 et une intolérance très forte à l’une des autres protéines… Ce qui nous amène à parler naturellement du chat dit « hypoallergénique ».

Le chat hypoallergénique, un mythe ?

Certains éleveurs se sont donc lancés dans l’élevage de chats hypoallergéniques (c’est-à-dire moins allergènes et non pas « non allergiques » comme l’entendent parfois certaines personnes). Le chat hypoallergénique produit donc une quantité de Fel d 1 et Fel d 4 inférieure à la moyenne. Mais « inférieure » ne veut pas dire qu’il n’en produit pas d’une part et vous êtes peut-être allergique à l’une des autres protéines, la Fel d 3 ou la Fel d 2 d’autre part...

De plus, rien ne vous dit que, sur la portée de chats hypoallergéniques que vous aurez choisie, vous n’allez pas prendre le seul qui en produit plus que les autres et qui serait au-dessus de la moyenne…

Vous comprenez qu’au sens strict le chat qui ne produit pas d’allergies n’existe pas, mais qu’il existe certaines races produisant moins de ces protéines.

Même si les avis divergent, les races les plus connues sont le Sibérien, le Bleu Russe, le Bengal, ou encore le Balinais.

On parle parfois du Sphinx (qui n’a pas de poils) ou du Devon Rex (poils très courts et denses) parce qu’ils disséminent moins d’allergènes dans l’environnement, mais ils restent cependant tout aussi allergisants pour la plupart des sensibilisés.

Les solutions pour contrôler son allergie aux chats.

Vous êtes allergique, mais ne pouvez-vous résignez à l’idée ne pas avoir de chat ou vous avez déjà un chat dans votre environnement et l’allergie s’est déclarée, comment gérer au mieux votre allergie ?

L’environnement : la première chose sera de gérer l’environnement, aspirer régulièrement les sols et rideaux, faire les poussières, réduire au maximum les allergènes déposés dans l’environnement. Ensuite, il faut brosser minou au moins deux fois par semaine pour ramasser et diminuer la quantité d’allergènes que le chat va naturellement déposer. Laver son chat ne sert à rien puisque dans les 24 h, il aura recouvert tout son pelage de sa salive et si c’est à la Fel d 4 que vous êtes allergique alors l’effet sera imperceptible !

  • Les solutions médicales : vous pouvez tenter une désensibilisation tout en sachant que c’est long et qu’il n’y a aucune garantie de succès, mais c’est une option à ne pas négliger malgré tout. Les médicaments, types antihistaminiques, corticostéroïdes ou anti-inflammatoires existent aussi ; reste à trouver avec votre docteur ou votre pharmacien celui qui vous réussit le mieux (en terme de diminution des symptômes, mais aussi d’éventuels effets secondaires comme la somnolence par exemple). Le nettoyage quotidien grâce à des solutions nasales salines appropriées peut vous apporter un grand soulagement en éliminant les allergènes persistants et l’inflammation qui cause les symptômes gênants. En traitement de fond homéopathique, le « Poumon Histamine » ou l’ « histaminum » sont souvent prescrits, il en existe d’autres et seul votre homéopathe pourra adapter le traitement aux symptômes qui sont les vôtres.

  • Les remèdes naturels : un système immunitaire fort se battra mieux contre ce qu’il considère comme des attaques, l’échinacée en teinture ou tout aliment qui contient des oméga 3 (huile de graine de lin, saumon, sardine), renforceront vos défenses en cas d’inflammation. L’ortie est aussi connue pour ses vertus contre les allergies et apaise les symptômes du rhume des foins (nez bouché et larmoiement). Le ginkgo biloba renferme des ginkgolides, molécules qui seraient capables de stopper l’un des médiateurs de l’inflammation allergique. Pour finir, la quercétine et la propolis sont connues pour bloquer la production d’histamine. Bien entendu, un naturopathe pourra vous aider dans la recherche de solutions et de traitements appropriés.

Vous savez tout ou presque maintenant sur l’allergie aux chats, il existe des races moins allergisantes, mais elles ne vous garantissent pas tout, car la Fel d 1, star des articles, éclipse bien souvent une problématique plus complexe. Cependant, l’allergie aux chats ne doit pas vous empêcher d’accueillir un félin à la maison, à condition de tout mettre en place pour contrôler votre allergie.


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À très bientôt.

Sources: OMS.

www.equilicat.com

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