• Hugues Martinat

Pourquoi nos chats sont fous de l'herbe à chat ?



Pourquoi nos chats sont-ils attirés par l’herbe à chat et d’où vient l’euphorie qui les gagne à son contact ?


Pourquoi le chat réagit à l'herbe à chat ?

Nous avons tous vu des vidéos, ou constatés avec nos propres chats, l’effet euphorique que leur procure l’herbe à chat, principalement celle que l’on nomme la Cataire (Nepeta Cataria) ou un substitut nommé « Vigne d’argent » (Actinidia polygama).

Pourquoi s’y frottent-ils et pour quelles raisons semblent-ils ressentir un bonheur tellement intense ?


Une récente étude suggère que les principaux produits chimiques, responsables de cette ivresse et présents dans ces plantes, activent les systèmes opioïdes des chats selon le même mode que l’héroïne et la morphine chez les humains.

C’est le biologiste de l’université d’Iwate (à Morioka au Japon), Masao Miyazaki qui a mené différentes expériences en utilisant et en isolant les composants chimiques de ces plantes. Lui et son équipe ont extrait les produits chimiques des feuilles de cataire et de vigne argentée et ont identifié le composé responsable de ce « trip » chez nos félins, il s’agit du népétalactol.

Leur expérimentation a consisté à présenter à 25 chats domestiques, 10 feuilles de népétalactol dans des sachets en papier et d’autres sachets contenant simplement une solution saline pour évaluer leurs réactions et la réponse que les chats produisaient au contact de chaque type de sachet. La plupart des chats ne se sont intéressés qu’aux sachets contenant du népétalactol. Ils ont fiabilisé leur expérience en soumettant ces substances à 30 chats sauvages, un léopard, deux lynx et deux jaguars vivant dans des zoos au Japon (Tennoji et Oji).

Les résultats, et leurs comportements, ont été exactement les mêmes : les divers félins se sont mis à se frotter la tête et le corps sur les sachets contenant la fameuse substance, alors que l’expérience menée auprès de souris ou de chiens a été un échec total, ces derniers ne montrant aucun intérêt pour le népétalactol.

Pour aller plus loin, les chercheurs ont mesuré les taux de « bêta-endorphines » (l’hormone qui soulage la douleur et induit le plaisir en activant le système opioïde) dans le sang de 5 chats, 5 minutes avant l’exposition et 5 minutes après l’exposition à la substance. Les niveaux de « bêta-endorphines » (appelé aussi « hormone du bonheur ») se sont révélés être considérablement élevés après l’exposition au sachet de népétalactol. Il est mentionné, dans l’étude et dans l’article, que 5 autres chats n’ont pas frotté les sachets infusés car leur système opioïde était bloqué).

C’est donc une première réponse quant à leur attirance vers ces plantes, mais les chercheurs, et c’est là que cette étude apporte un éclairage nouveau, voulaient savoir si les chats adoptaient ce comportement par pur plaisir ou si ce comportement pouvait avoir une fonction.


Ci-dessous la vidéo de l'expérience menée par les scientifiques.


L'herbe à chat, une protection contre les insectes?

L’un des scientifiques avait entendu parler des propriétés anti-insectes de la népétalactone, ils ont émis alors une hypothèse selon laquelle lorsque nos félins se frottent contre ces plantes, c’est pour y appliquer une substance « insectifuge » (qui éloigne les insectes).


Dans un premier temps, ils ont montré que ce frottement pouvait transférer sur leur peau la substance insectifuge, puis ils ont effectué des tests avec des moustiques vivants. Selon le même protocole que pour les humains (expériences où l’humain rentre son bras dans une sorte de boîte en verre qui contient des dizaines de moustiques), ils ont appliqué la substance (le népétalactol) sur la tête de chats (au préalable sédatés) et sur les autres chats, une substance neutre, puis ils ont compté le nombre de moustiques tombés sur les têtes des félins. Le résultat a montré que le nombre de moustiques tombés sur les têtes des félins traités au népétalactol était 50% inférieur aux autres chats, ce qui montre ici l’aspect répulsif du composé sur les moustiques.

Cette expérience et ces résultats tendraient donc à prouver (cela reste encore à vérifier grâce à d’autres expérimentations) que le frottement, les roulades, seraient possiblement des comportements fonctionnels. Si les ancêtres de nos chats ont probablement frotté leur corps par hasard au début, on ne peut toutefois pas savoir si c’est le caractère euphorique ou les propriétés anti-insectes qui sont responsables de ces frottements, mais on peut penser que ces comportements ont un lien.

Les scientifiques prévoient d’autres études et notamment de chercher quels gènes du chat sont impliqués dans ces réponses et, comme le fait remarquer en conclusion le biologiste Jacobus De Roode, il est intéressant de s’interroger sur la façon dont les insectes peuvent façonner le comportement des animaux, dont nous avons encore beaucoup à apprendre.


Vous en savez un peu plus sur l’euphorie que déclenchent ces plantes sur votre chat, il ne vous reste plus, si vous vous sentez une âme de jardinier(e), qu’à en semer au printemps pour protéger nos félins des moustiques l’été…


Vous pouvez retrouver l’article original de Sofia Moutinho, paru dans le magazine « Science » de l’AAAS (Amercian Association for the Advancement of Science) en cliquant ICI.


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Hugues Martinat

Comportementaliste spécialiste du chat

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