• Hugues Martinat

Le syndrome du chat "parachutiste", comment sécuriser balcons et fenêtres ?


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On connaît toutes et tous la légende du chat qui retombe sur ses pattes, cette fameuse légende qui veut que, peu importe la chute, le chat se retourne et tombe sur ses quatre pattes, sain et sauf. Je vous propose de vérifier cette affirmation, puis d’évoquer plusieurs solutions pour protéger et sécuriser votre balcon, terrasse ou vos fenêtres, sans oublier, pour finir, de vous donner deux ou trois « tuyaux » sur comment agir si votre chat a fait le grand saut.


La légende du chat qui retombe sur ses pattes!

La seule chose vraie dans « la légende du chat qui retombe sur ses pattes », c’est que c’est une légende : cela ne se passe pas tout à fait ainsi dans la réalité et les tristes chiffres des vétérinaires nous le prouvent. De la même manière, j’entends à peu près 8 fois sur dix, lorsque je me rends chez des gens qui ont un chat et que la fenêtre, grande ouverte, donne sur le vide : « oh, vous savez il n’a jamais sauté, il a l’instinct du vide »…

De quel instinct parle-t-on ? Quelle expérience a votre chat du vide ? Aucune probablement.

J’aimerais d’ailleurs opposer à ce dernier argument une seule chose : le fait qu’il n’ait jamais sauté ne veut en aucun cas dire qu’il ne sautera pas, et c’est là que l’instinct, le vrai, intervient. En effet, bon nombre de chats font la sieste sur le rebord de la fenêtre et se réveillent soudainement, car une mouche ou un pigeon passent près d’eux. Lorsque l’on sait que ce qui réveille l’instinct de prédation, c’est le mouvement, et qu’on a en mémoire la rapidité d’action d’un chat, vous vous doutez probablement de la suite… il sort de son sommeil et n’a pas le temps d’analyser la situation, son instinct de prédation prenant le dessus, il s’élance dans le vide. C’est cela l’instinct, mais celui-ci lui a coûté la vie…

Loin de moi l’envie de vous effrayer, c’est une triste réalité qui inonde nos murs Facebook et les salles d’attente des vétérinaires à la belle saison.


Le syndrome du chat parachutiste.

Ce type d’accident est donc très répandu, surtout à l’approche des beaux jours et porte un nom : il s’agit du syndrome du chat parachutiste, ou high-rise syndrome (HRS) selon le terme scientifique consacré.

L’expression « chat parachutiste » ou « chat parachute » désigne donc les lésions dues à une chute de plus de deux étages. Il en résulte, la plupart du temps, un état de choc et le bilan lésionnel se caractérise le plus fréquemment par trois types de lésions : les lésions pulmonaires, fracture appendiculaire (le squelette pour simplifier) et contusions de la tête.

Pour comprendre les dangers et dégâts que cause ce syndrome, il faut déjà savoir, comment chute un chat.

Selon des études photographiques, menées dans les années 70, trois phases distinctes ont été identifiées :

  1. La première est la phase de redressement : en plusieurs séquences, la tête d’abord effectue une rotation pour se remettre à l’horizontale, puis c’est le train avant (antérieur), puis le tronc et enfin le train arrière (postérieur).

  2. La seconde, la phase de vol plané : l’animal en position horizontale tend ses membres pour augmenter ce qu’on appelle la résistance à l’air et freiner la chute (comme un parachute).

  3. La troisième, enfin est la phase de réception : à l’approche du sol, le chat repositionne ses membres sous son corps et les tend. Lorsque ses pattes touchent le sol, tous ses membres se fléchissent, afin d’amortir sa chute.

On sait que l’amortissement de la chute (par la réception sur les quatre pattes) se produit pour des hauteurs de deux à cinq étages, par conséquent, lors d’une chute du premier étage, les réflexes de redressement n’ont pas le temps de s’exprimer et les lésions peuvent être souvent plus graves que lorsque le chat est tombé d’un étage plus élevé et a eu le temps de se retourner pour se mettre en position d’atterrissage. Mais attention, ce seront surtout les lésions qui seront différentes selon la réception et la vitesse de la chute et, malheureusement pour certains, ils resteront paralysés à vie et dans environ 11% des cas, le chat décédera des suites des blessures de la chute.