• Hugues Martinat

Consultation en comportement : "Matsha, le tigre"



L'article n'est pas exhaustif et ne recense que les principales actions mises en place avec le client. Chaque cas et chaque chat étant unique , le diagnostic ne vaut que pour le cas auquel il se réfère.


IDENTITÉ & CONTEXTE DE VIE

Nom du Chat : Matsha

Race : Européen

Âge : 5 mois

Sexe : Mâle

Non Stérilisé, non dégriffé.

Contexte de vie : Matsha et Julie* vivent ensemble dans un petit appartement parisien (une cuisine, une Salle de bain et une pièce faisant office de salon et chambre).

La litière se situe dans les toilettes, le coin-repas dans la cuisine, plusieurs endroits de repos sont possibles. Quelques étagères sur lesquelles grimper ; un griffoir vertical (petit) à l’angle du canapé ainsi qu’un griffoir carton horizontal au sol. Une boite à jeux et un tunnel. Il est nourri avec des croquettes et de la pâtée bio.

Matsha a récemment vu le vétérinaire qui l’a trouvé en bonne santé physique et n'a trouvé aucune pathologie physique à l'origine de ce comportement.


PROBLÉMATIQUE RENCONTRÉE (raison de la consultation)

Matsha est, selon sa propriétaire, très agressif, de plus en plus souvent et de plus en plus violemment. Il mord, griffe et crache, ses pupilles sont un peu dilatées et ses phases « d’attaques » explosives (jusqu'à dix par jour) peuvent durer plusieurs minutes : dans ces cas, il est comme en crise et met beaucoup de temps à « redescendre » dans un état émotionnel acceptable.

Deux situations se présentent régulièrement :

  • Le matin, vers huit heures, Matsha attaque la tête et le visage de Julie qui dort. Même en se réfugiant sous la couette Matsha continue ses attaques.

  • Plusieurs fois dans la journée Matsha attaque la main, le pied, la jambe, par surprise le plus souvent, mais parfois de manière prévisible (par l‘observation, en voyant son excitation monter).

Julie de son initiative ou de l’avis d’experts a tenté plusieurs choses :

La prise par le cou (comme la mère), le « non » ferme, la petite tape ou encore le Pschht (vaporisateur d’eau).

Pour finir, même si Matsha est très tendre et câlin , Julie n'en peut plus (elle a de nombreuses blessures profondes) et se demande, la mort dans l'âme, si elle ne va pas devoir se séparer de Matsha !


DIAGNOSTIC**

Après un entretien de deux heures sur la vie de Matsha, en passant en revue tous les aspects de sa vie, sa routine et son environnement ; après avoir observé et interagi avec lui, j'ai pu déterminer qu'il était un petit chat, qui alternait des agressions proactives et réactives. Son jeune âge, l’approche de l’adolescence et un milieu insuffisamment stimulant pour lui, expliquent l'expression de ces comportements.

Voici donc les solutions principales proposées à Julie.

La stérilisation future risque (ce n'est pas toujours le cas) de réguler quelque peu cette agressivité/énergie.


ACTIONS MISES EN PLACE

GESTION DE L'ENVIRONNEMENT

Pour canaliser et donner à Matsha de quoi exercer son énergie débordante de jeune chat, voici les actions que Julie et moi avons mises en place.

- Gamelle ludique, le Pipolino : dorénavant Matsha aura sa ration de croquette dans un Pipolino.

Le Pipolino entretient l’instinct de chasse du chat, amène rapidement la satiété (un chat svelte est un chat qui vieillira bien) et procure une activité mentale au chat qui réduit la frustration, l’ennui et occupe une part de son temps d’activité.

- Donner de la 3D : Achat d'un arbre à chat, car le chat a en effet besoin de sauter, grimper et voir son environnement de haut, Il pourra aussi s'y s’étirer et obtenir du même coup un griffoir vertical.

Nous avons aussi évoqué, si le besoin d’étagères se faisait sentir, la possibilité de catifier un peu plus l'appartement.


STIMULATION

Le jeu : Le corps ne doit pas être un élément de jeu avec le chat, la main caresse, mais ne joue pas directement, et les périodes de détentes ne doivent pas être confondues avec les périodes de jeux.

Mise en place de plus de sessions de jeu : Il faut donc réserver les jeux pour des sessions bien délimitées dans le temps, plusieurs fois par jour à chaque fois environ 15/20 minutes au moins.

Le plus on planifiera de sessions de jeu, le plus le chat pourra dépenser son trop-plein d’énergie !


LA GESTION DES ATTAQUES

  • Les attaques-surprises.

J'ai préconisé de prendre Matsha et de le consigner quelques minutes dans une pièce fermée sans le gronder, de manière la plus neutre possible, et ce, systématiquement afin qu'il comprenne que ce comportement l'éloigne des interactions qu'il aime pourtant avoir avec sa maîtresse. (Nous avons vu ensemble comment physiquement extraire Matsha lorsqu’il est agressif sans le brutaliser et faire monter encore plus son agressivité.)

  • Les attaques prévisibles.

J'ai aussi demandé à Julie de détourner l'attention de Matsha avant l'attaque, au plus tôt dans sa séquence d’excitation, en lançant la peluche grise préférée sur laquelle il aime passer « ses nerfs ».

À chaque fois que Matsha attaquait sa peluche ou son jouet plutôt que l’humain, il était récompensé par une friandise immédiatement.

Concernant l’attaque du matin, j'ai proposé deux choses qui ont été appliquées en alternance : on a parfois mis Matsha dans une autre pièce pour la nuit afin que Julie puisse se réveiller tranquillement. On a décidé d'avancer le réveil de quelques minutes et à différentes heures chaque jour (pour qu’il ne s’habitue pas) ce qui a eu pour effet de faire disparaître l'agression la plus violente, celle du réveil.

  • La punition.

J'ai demandé à Julie, et elle était soulagée de l'entendre, d'arrêter les méthodes coercitives (petite tape, Pschht, prise par le cou).

D'abord, le chat ne les comprend pas, la preuve en est que le comportement persiste. Ensuite, elles provoqueront beaucoup de stress à l'animal, ce qui risquera d'augmenter son comportement indésirable. Enfin, cela ne fera que détruire la relation d'amour et de confiance avec votre chat !

DÉNOUEMENT

La stérilisation de Matsha n'aura calmé ses ardeurs que quelques jours, par contre les solutions mises en place ont commencées à porter leurs fruits au bout d'un mois, ses attaques ont baissé en nombre et en intensité (quatre à cinq par jour encore).

Il y a eu quelques récidives le mois suivant, mais au bout d'un trimestre de patience et de respect des solutions préconisées (avec régularité) Matsha n'attaque plus Julie. Même s'il a gardé son énergie intacte il la réserve dorénavant pour des sessions de jeux endiablées.

Lisez l'avis de Julie et retrouvez toutes nos astuces sur la F.A.Q. d'EquiliCat.


Si vous avez aimé cet article merci de le partager et le diffuser sur les réseaux sociaux.

Vous pouvez aussi liker et en commenter l’article, je me ferais un plaisir d’en discuter avec vous !

À très bientôt.


A lire aussi sur l'agressivité du chat : Syndrome du tigre, mythe ou réalité scientifique ? et Le chat "caressé-mordeur"

www.equilicat.com

Pour une consultation en comportement de votre chat c'est par ICI

* Le prénom a été modifié

** Le Diagnostic présenté ici ne comprend pas les questions posées au propriétaire de l'animal ni les investigations faites par le comportementaliste lors de cet entretien.

Cet entretien ne peut être réalisé que par un professionnel du comportement, comportementaliste ou vétérinaire comportementaliste.

#chatquigriffe #chatquimord #chatagressif #agressivitéchat #troublecomportementchat

874 vues